Nouveau !
Pour de bons
moments d'humour,
Jean Dupin raconte
"lou grand truc"
La Palombe (Columba palumbus)
Le pigeon ramier du grand sud
Cette espèce constitue la base de l'activité cynégétique du département et même de la région.
L'Aquitaine voit en effet des contingents importants d'oiseaux migrants transiter par le Sud-Ouest pour hiverner principalement en péninsule Ibérique.

Depuis 20-30 ans, à la faveur de l'extension de la culture du maïs, plusieurs centaines de milliers d'oiseaux stationnent chez nous durant toute la période hivernale (Octobre à Mars).
La palombe est chassée traditionnellement au passage, en palombière, au filet et au fusil, avec appeaux (appelants vivants), ainsi qu'en hivernage souvent à poste fixe.
Depuis 1987, les 13 Fédérations des Chasseurs de la Région Cynégétique du Sud-Ouest (Ariège, Aveyron, Dordogne, Haute-Garonne, Gers, Gironde, Landes, Lot, Lot et Garonne, Pyrénées Atlantiques, Hautes Pyrénées, Tarn, Tarn et Garonne) travaillent ensemble à l'étude de l'oiseau roi des chasseurs du Sud-Ouest.
Face à cet intérêt, un constat s'imposait alors : la faiblesse des connaissances sur cette espèce, a priori, globalement peu considérée.
 
    Les thèmes d'étude retenus alors étaient au nombre de quatre :
  • Migration en plaine
  • Migration en montagne
  • Hivernage
  • Baguage en migration et en hivernage
Deux ouvrages publiés, respectivement en 1990 ("OPERATION PALOMBE") et en 1994 ("PALOMBE PASSION - PALOMBE GESTION") reprennent les protocoles et résultats obtenus.

Depuis 1998, les instances cynégétiques associatives (Fédérations, Conseils Régionaux de la Chasse d'Aquitaine et de Midi-Pyrénées), conscientes de la nécessité d'ouvrir le champ des recherches à une aire plus en phase avec la biologie de l'espèce, ont initié la création d'un GROUPE D'INVESTIGATION INTERNATIONAL SUR LA FAUNE SAUVAGE (G.I.I.F.S.)
    Il regroupe :
  • Les Conseils Régionaux de la Chasse d'Aquitaine (5 Fédérations)
    et de Midi-Pyrénées (8 Fédérations)
  •  La Fédération des Chasseurs d'EUSKADI (Espagne) regroupant les Fédérations :
    - du Guipuzkoa
    - de l'Alava
    - de Biscaye
  • La Fédération des Chasseurs de Catalogne
  • La Fédération des Chasseurs d'Andalousie
  •  et par convention, le Ministère de l'Agriculture du Portugal
Le G.I.I.F.S. est une association de droit français de type 1901 déclarée le 1er Février 2000. Il s'agit d'une structure de recherche qui est construite autour de la palombe mais qui, dans les années à venir, s'intéressera également à d'autres espèces gibiers.

En accord avec les différents partenaires, le G.I.I.F.S. s'engage, entre autres thèmes, à continuer l'étude palombe autour de différents axes :
  • Migration
  • Hivernage
  • Comportement
  • Prélèvement
  • Génétique
  • Reproduction
  • Synthèse bibliographique
A noter que tout ce travail organisé et animé par les Services Techniques des Fédérations des Chasseurs ainsi que les professionnels des autres organismes précités, bénéficie de l'appui motivé des "paloumayres" (chasseurs de palombe) qu'il convient de remercier vivement.
Quelques résultats de l'hivernage dans le Sud-Ouest
Neuf départements de la Région sont concernés par l'hivernage de l'espèce (Dordogne, Haute Garonne, Gers, Gironde, Landes, Lot et Garonne, Pyrénées Atlantiques, Hautes Pyrénées, Tarn et Garonne).
Hivernage de la palombe en zone agricole
Les oiseaux recherchent les quartiers d'hivernage répondant aux deux besoins fondamentaux que sont le repos ("dortoirs") et l'alimentation (site de gagnage).

Il existe au sein même de la zone d'hivernage de profondes différences entre les zones "agricoles" et "forestières", principalement liées au milieu et au comportement des oiseaux. L'un des traits essentiels de divergence vient du fait que :
- dans la zone agricole, les oiseaux se regroupent le soir sur des sites "dortoirs", et se dispersent la journée dans les champs environnants à la recherche de nourriture
- dans la zone forestière, le processus est inverse. Les palombes se concentrent la journée autour des grandes maïsicultures. Le soir, de petits groupes se répartissent en forêt.
Ces variantes influencent directement l'organisation de notre travail et les méthodes d'étude mises en œuvre.
Les comptages :
La mise au point de méthodes fiables de recensement s'est avérée indispensable. La connaissance et le suivi quantitatif de ces effectifs, associés à l'étude de la zone d'hivernage, nous permettent de mesurer les fluctuations et d'apprécier la répartition ainsi que les mouvements des palombes.
Les méthodes :
Dès l'hiver 89/90, pour répondre aux contraintes spécifiques des zones "agricoles" et "forestières", les choix se sont orientés vers les méthodes suivantes :
   Zone agricole  Zone forestière
 METHODE Comptage terrestre Comptage aérien
 PARTICIPANT Bénévoles chasseurs
et techniciens fédéraux
(1 à 3 /site)
Techniciens fédéraux 3 personnes
 MATERIEL Jumelles et véhicules 3 avions
 PRINCIPE Dénombrement à poste fixe
des palombes à la sortie
des sites "dortoirs"
Dénombrement aérien
des palombes concentrées sur
et autour des grandes cultures
de maïs
A partir de 1991, les recensements aériens en zone forestière ont été abandonnés à cause de problèmes techniques (difficile coordination entre avions liée le plus souvent à la météo, technique de vol de chaque pilote, autorisations de survol).
Au cours de l'hiver 2000/2001, cette méthode a été reprise, en étant affinée et comparée à deux autres méthodes :
- observation depuis le sol sur les zones de gagnage (comptage terrestre)
- observation depuis les tours destinées à la Défense de la Forêt Contre les Incendies (D.F.C.I.)
Les résultats :
Les résultats présentés ici ne concernent donc que la zone agricole, il sera nécessaire de patienter quelques années avant de pouvoir discuter des premiers résultats en zone forestière.
Ce suivi, a pour but de suivre les tendances d'évolution de l'hivernage dans la région Sud-Ouest et non pas de cerner avec précision le nombre d'oiseaux hivernants.
Effectifs mensuels interrannuels
des palombes hivernantes en zone agricole (données brutes)
Répartition des palombes hivernantes en zone agricole
(Gers, Landes, PA, Hautes Pyrénées, Lot et Garonne) entre 1990 et 2000
La mise au point d'une méthode indiciaire allégée, impliquant dans l'avenir un nombre restreint d'observateurs sur les sites les plus régulièrement fréquentés, est dans cette perspective à l'étude.
Quelques résultats de la migration en plaine
La méthode :
L'essentiel des travaux repose sur les chasseurs de palombes qui opèrent à partir de postes fixes et fournissent la majorité des observations de base.
Préalablement, la région Sud-Ouest a été découpée en carreaux de 20 km de côté, soit au départ 155 carrés (62 000 km²). Les postes des "chasseurs/observateurs" volontaires sont donc répertoriés à l'intérieur de ces carreaux.
En 1989, le nombre des postes "d'observation" atteignait le nombre de 791. Le réseau a été ensuite fortement allégé compte tenu des résultats enregistrés. A l'heure actuelle, il s'avère qu'un total de 70 à 80 postes judicieusement choisis suffisent pour suivre la migration en plaine dans la région.
Les chasseurs du réseau enregistrent sur un carnet prévu à cet effet le nombre de vols vus, de vols posés et les prélèvements, en répartissant tous les renseignements par jour de chasse, à partir de leur poste de chasse.
Cette méthode a été très vite adoptée et comprise par les chasseurs de palombes qui sont aussi de bons observateurs.
Les résultats :
1- Détermination des passages migratoires :
L'une des premières actions a consisté à identifier les zones de passage et à essayer de savoir si ces dernières variaient d'une année à l'autre.
A partir des données issues du réseau d'observateurs, des analyses ont été réalisées par le GEREA (Groupe d'Etude et de Recherche en Ecologie Appliquée - Bordeaux I). La méthode qui a permis de décrire la migration en tenant compte de ces facteurs est l'analyse triadique (analyse statistique multivariée). Elle peut permettre de déterminer des zones où la migration s'est déroulée de façon identique.
Il a donc été possible de déterminer avec les données enregistrées en 1987, 1988 et 1989, trois grands "couloirs migratoires" dans la région Sud-Ouest :
- un couloir oriental où la migration est la plus faible. Il comprend l'Est de la Dordogne, le Lot, l'Est du Lot et Garonne, du Gers et des Hautes Pyrénées, le Tarn, le Tarn et Garonne, l'Aveyron, la Haute-Garonne et l'Ariège
- un couloir occidental et côtier qui se détermine par une migration plus marquée à l'Ouest de la Dordogne, de la Gironde et des Landes, l'extrême Ouest du Lot et Garonne, du Gers et des Pyrénées Atlantiques
- un couloir central à l'intérieur du couloir occidental où les plus fortes migrations sont enregistrées. Il s'agit du sud de la Gironde, du nord des Landes, et des deux tiers ouest des Pyrénées Atlantiques
2- La mise au point d'un indice migratoire :
Une fois que le déroulement spatio-temporel de la migration sur l'ensemble de la région a été ainsi déterminé, il a été mis en place une deuxième étape importante, la recherche d'une méthode de suivi des effectifs migrants. L'une des priorités était d'élaborer un protocole simple pouvant être reconduit chaque année.
La piste qui semblait être la plus évidente était celle basée sur les observations directes à partir d'un nombre minimum de postes de chasse. A partir du réseau initial (ou échantillon initial), il a été tiré au sort un sous-échantillon de taille réduite.
L'indice retenu correspond au nombre minimal moyen de palombes vues par jour et par poste dans les bandes d'observation.
Evolution de l'indice migratoire dans la région Aquitaine
L'impression générale est qu'en dehors de 1988 (très forte migration), les migrations paraissent stables avec des tendances à la baisse entre 1989 et 1991, puis en 1995, 1998, 1999, et à la hausse de 1992 à 1994 puis en 1996.
Evolution à l'intérieur des trois couloirs migratoires :
Si l'on décompose l'indice migratoire en fonction des 3 couloirs de migration, on remarque que l'indice du couloir central suit assez fidèlement celui de la région, c'est donc le couloir qui traduit l'importance de la migration dans la région.
L'intensité du flux migratoire est nettement inférieure dans le couloir oriental qui est souvent celui où le flux est le plus faible. Ce qui est vraisemblablement dû à la largeur de ce couloir, le nombre de palombes le fréquentant pouvant alors y être plus dilué. On y note une chute de l'indice en 1999 qui a influencé le résultat régional pour cette année.
A l'inverse, le couloir côtier est très étroit. Il enregistre les plus fortes variations. Depuis la plus petite valeur enregistrée en 1991, on arrive presque à "concurrencer" celle du couloir central en 1993.
En définitive, le flux migratoire maximum s'observe toujours sur le couloir central et c'est lui qui conditionne quasiment chaque année l'ensemble de la migration régionale. Une partie plus ou moins importante des palombes migrantes peut se reporter sur les deux autres couloirs, mais ces fluctuations semblent plus dictées par les conditions météorologiques que par celles des effectifs d'oiseaux.
L'indice migratoire obtenu chaque année permet de visualiser le sens et l'ampleur des évolutions temporelles et spatiales de la migration plus que de la quantifier précisément.
Synthèse réalisée par les Fédérations Départementales des Chasseurs des Landes et du Gers pour le compte du Groupe d'Investigation International sur la Faune Sauvage.
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